
Les Marocains ressembleront bientôt aux Espagnols
Dans les principales villes touristiques espagnoles, au nord comme au sud, l’effervescence du secteur est palpable jour et nuit, et souvent presque toute l’année.
Impressionnants, les lendemains des soirées festives partout dans la péninsule ibérique: le va-et-vient des fournisseurs de toutes sortes de marchandises et de ravitaillement ressemble à « une scène avionique ». Tant de petites mains travaillent avec des moyens de locomotion hybrides, électriques ou classiques, sillonnant les petites ruelles des centres-villes, souvent inaccessibles.
Des boissons gazeuses aux boissons alcoolisées, des produits laitiers aux produits d’hygiène et d’entretien, toute la chaîne alimentaire et autres secteurs travaillent comme une fourmilière.
Depuis quelque temps déjà, sur la Costa Brava ou la Costa del Sol, un réflexe langagier est désormais monnaie courante: les serveuses et serveurs espagnols ne savent plus à qui ils s’adressent de prime abord, et la question récurrente est forcément: « Vous parlez anglais ou espagnol ? ». Et souvent, même les autochtones eux-mêmes sont surpris par cet accueil universel !!! Parfois, des habitants d’autres quartiers se retrouvent traités comme des touristes étrangers. Je vous passe le malaise que cela crée, ou parfois les fous rires hilarants que la situation provoque.
Au Maroc, le même phénomène semble se banaliser dans nos villes phares du tourisme: à Agadir, Tanger ou Marrakech, les commerçants et rabatteurs commencent à y perdre pied.
Quel danger cela représente-t-il ?
Et bien, sur le long terme, les paramètres de l’ADN du Marocain seront différents: nous aurons tendance à perdre notre vraie identité. Où nous situons-nous exactement ? Qui sommes-nous désormais ? À force de jongler toute la journée avec les langues étrangères, le risque de glisser vers l’inconnu est grandissant !
Déjà, beaucoup de nos jeunes, dans la vie quotidienne, parlent plus anglais qu’espagnol ou français, et cela déstabilise les anciennes générations, habituellement plus à l’aise avec les langues méditerranéennes.
Où allons-nous exactement ? Que disent nos sociologues à ce sujet ? Ou bien sont-ils eux-mêmes noyés dans cette perte de repères ?
Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce frottement avec les langues étrangères ?
Comment peut-on tirer des leçons de la situation en Espagne voisine ?
Il y va de notre culture, de notre matrice identitaire.
Bon vent.
SB.
