Maroc : un pays sublime sous plastique !

La saleté de ce Maroc propre :
2400 km de splendeur et de plastique :
carnet de route d’un Maroc qui choque autant qu’il émerveille.
Avertissement : âmes sensibles à l’environnement, abstenez-vous.
De Tanger à Merzouga, d’Ifrane à Essaouira, le Maroc est un choc visuel. 2400 km de paysages à couper le souffle. Et une obsession : pourquoi tant de déchets au bord de ces routes sublimes ?
Tanger – Ifrane : le « Maroc utile » sous plastique
On quitte Tanger, la perle du Nord, pour plonger dans le Gharb. Souk Larbaa, Sidi Kacem, le pré-Rif. Puis Meknès, Ifrane, la « Suisse du Maroc ». Le Moyen Atlas s’ouvre, majestueux.
Dieu nous a donné la variété. L’Homme y a ajouté le plastique. Des sacs entassés le long des routes, par couches successives. Un Nord flamboyant, fertile, mais sali.
Errachidia – Rissani : l’oasis et le contraste
Après Ifrane, direction le Tafilalet. Hauts plateaux, pierres à l’infini, ombre du Jbel Ayachi jusqu’à Rich. Puis le Ziz dévoile la palmeraie : Rissani, l’antique Sijilmassa.
Ici tout explose : le vert des palmiers, l’ocre des monts, le bleu du ciel, le blanc des neiges. Et au milieu, Errachidia. On se croirait à Taroudant. Ou à Marrakech.
Le soir, les cafés « dubaïotes » s’animent. Les enfants courent, les parents guettent le ciel. Pas de tempête de sable ? Alors quatre heures de sommeil suffisent à vous requinquer.
Arfoud – Merzouga : luxe et ordures
Vers Arfoud, les maisons en pisé et les silhouettes en haïk noir intriguent. Pourquoi ce noir sous 40°C ? Héritage kharijite ou simple tradition ? Aux anthropologues de répondre.
Arfoud, Merzouga : hôtels de luxe, dunes surconsommées. Et juste derrière le cimetière municipal, un amas d’ordures. La route goudronnée achève de gâcher le tableau. Pourquoi ?
Todgha – Ouarzazate : selfies et plastique
Nuit au bivouac, puis cap sur Tinghir. Les khettaras, la vallée verdoyante du Todgha, les gorges. On fait les selfies Instagram. Puis on reprend la Route des Mille Kasbahs. Le Far West marocain.
Et on scrute. Du plastique. Encore. Toujours. Il y en aura partout.
Ouarzazate, « la ville sans bruit » en amazigh, offre un répit. Silencieux.
Direction Taznakht, puis Taliouine, capitale du safran. La route est lunaire, sinueuse, déserte. Et propre. Pas d’Homme, pas de déchets. La Mère Nature respire.
Les arganiers forcent le respect. En terre amazighe, la propreté est sacrée. Sauf quand les stations de traitement manquent.
Taliouine – Agadir : là où l’Homme ne passe pas
Descente sur Agadir via Taroudant, puis Essaouira. Halte poisson grillé à Imi Ouaddar. Mogador, cité des alizés, diffuse ses ondes hippies.
Puis la plaine des Abda. Sebt Gzoula, villages Regraga. Et là, la rage. Décharges sauvages, débris, plastique à perte de vue. Pourquoi ? Les paysans ont la vie dure, soit. Mais pourquoi ces tonnes de déchets ?
Autre énigme : une station-service tous les 500 mètres. Qui peut expliquer ?
Retour à Tanger : que reste-t-il ?
Oualidia et sa lagune offrent une pause. Puis Casablanca, Rabat, Asilah. Et enfin Tanger. Boucle bouclée.
Alors, que ressentez-vous ?
Que retiendrez-vous de ce périple ?
La terre du Maroc est à tout le monde. À nous de ne pas la salir.
