Guide de Tourisme Marocain : La Solitude du Guide Accompagnateur

« Marhaban Bikom » ! Telle est la première phrase que les touristes entendent une fois leurs pieds frôlent le sol marocain. Le guide de tourisme au Maroc est, en principe, le premier visage que rencontrent nos hôtes, s’en suivent ensuite l’immersion dans notre société, avec ses moments de joie et d’autres de solitude absolue du guide.
Je vais vous partager les difficultés que suppose l’exercice de la fonction noble qu’est : être guide de tourisme au Maroc. Les premiers instants, ou ce qu’on appelle langage PNL (programmation neuro-linguistique), la synchronisation, sont les plus délicats : chaque typologie de la clientèle a des codes à respecter : on ne reçoit pas de la même manière un Américain, un Italien ou un Japonais.
Les Défis du Guide Accompagnateur
Un bon guide est celui qui examine profondément la composition du dossier circuit qu’on lui remet (premier travail en off avant l’arrivée des visiteurs) : bien comprendre la répartition des chambres, détecter si homogénéité du groupe ou non en terme de catégorie socioprofessionnelle, présence des personnes âgées ou non, des enfants de bas âge, d’une majorité de la junte féminine ou non, des PMR (personnes à mobilité réduite), etc.
Naturellement, cette pré-préparation engendre chez le futur manager du circuit de l’appréhension : le même sentiment que peut ressentir un acteur de théâtre, et ça suppose laisser de côté ses soucis personnels et se mettre en situation de chef d’orchestre, avec tous les regards qui seront braqués sur lui .
L’objectif est de préparer les discours adaptés en amont et chercher à créer un esprit du groupe. Ensuite, les difficultés commencent une fois le groupe accueilli : assistance des formalités de check-in dans les hôtels, problèmes de clés, de chambres rez-de-chaussée ou en étage, perte de bagages, le change de leur monnaie, souvent difficile dans les hôtels, etc.
La Solitude du Guide
Le guide accompagnateur marocain est souvent seul : seul à gérer les situations difficiles parfois, seul avec une équipe qui l’accompagne (chauffeur et aide-chauffeur), seul quand un plat ne plaît pas aux touristes, quand un hôtel est décevant ou lors de la traversée de « villages poubelles ».
Il doit également gérer les attentes des clients, qui peuvent être très différentes : ceux qui viennent pour faire le voyage de leur vie, ceux qui voyagent pour la première fois en terre d’islam ou africaine, ceux qui arrivent avec une charge émotionnelle illimitée et fragile, etc.
Conclusion
Le récit est interminable, et je propose qu’on s’arrête là aujourd’hui, et les prochaines parutions viendront compléter ces moments de solitude du guide accompagnateur marocain, et surtout parler aussi des deux autres catégories socio-professionnelles. On n’a pas fini de vous surprendre.

Un hommage puissant à ces femmes et hommes qui portent le Maroc sur leurs épaules. Cet article rappelle combien le métier de guide est exigeant, humain et essentiel — et combien il mérite aujourd’hui plus de reconnaissance, de soutien et de valorisation..
Merci Mr Samri pour votre feed-back. Effectivement, ce corps de métier itinérant mérite beaucoup plus d’attention et valorisation. Le ministère a bien relevé le niveau de cette catégorie socioprofessionnelle mais pas le grade .
On espère pour bientôt un statut de guide conférencier.
Bien à vous.
C’est tout à fait exact. Les guides touristiques marocains jouent un rôle crucial en tant que véritables ambassadeurs de leur pays. Cependant, ils doivent parfois composer avec des itinéraires mal conçus par les agences de voyages, des problèmes liés à la qualité des repas dans certains restaurants, ou encore le manque d’engagement des municipalités et des communautés locales concernant le nettoyage des routes et la gestion des déchets plastiques dans certaines régions.
Malgré ces défis, les guides touristiques s’investissent pleinement pour garantir la réussite des séjours en partageant leur passion et leur expertise avec des visiteurs venus du monde entier. Leur contribution est essentielle pour mettre en lumière les trésors culturels et naturels du Maroc tout en participant au dynamisme économique local. Il ne faut pas oublier que leur travail exige également de longues absences loin de leurs proches, à accompagner et encadrer les tourists
Mr Hicham ,
Je vous remercie pour votre constat et commentaire .
Restons unis pour honorer ce beau métier et en donnant une belle image de notre pays .
Cordialement.