
Depuis 2022, une question revient régulièrement dans l’esprit de nombreux supporters : la communication de notre sélectionneur national est-elle toujours en phase avec les attentes du public ?
Le constat est simple : Walid Regragui et Tarik Sektioui n’adoptent pas la même approche, ni dans leur gestion du groupe, ni dans leur manière de s’adresser aux médias. Et cela nourrit inévitablement des comparaisons.
Tarik, issu d’un parcours marqué par la sobriété et la retenue, incarne un style calme, mesuré, très apprécié d’une partie des Marocains. Walid, lui, a un tempérament plus direct, plus frontal, forgé aussi bien par son parcours sportif que par son expérience à l’étranger. Deux styles différents, deux sensibilités différentes, et deux visions qui peuvent coexister… à condition de réussir à aligner le discours avec l’enjeu national.
Il ne s’agit pas ici de critiquer une origine, un parcours personnel ou un choix de vie — cela n’a jamais déterminé la valeur d’un entraîneur. La question est ailleurs : dans un moment où le Maroc joue gros, sur le plan sportif mais aussi économique et symbolique, chaque mot prononcé a un impact.
Lorsque Regragui souligne que « les supporters au stade doivent faire du bruit s’ils veulent qu’on gagne », certains y voient une motivation, d’autres y perçoivent une pression inutile. Car le public marocain, très divers, n’a pas la même énergie selon les contextes, les moyens, ou la composition des tribunes. Pourquoi ne pas envisager une mobilisation de groupes ultras organisés pour apporter une ambiance plus forte, comme cela se fait dans d’autres pays ? C’est une piste constructive, pas une remise en question.
La vérité est que la prochaine CAN suscite des espoirs immenses. Le continent regorge de prétendants sérieux : Sénégal, Tunisie, Algérie, Égypte, Côte d’Ivoire, Nigeria… La compétition sera féroce. Et oui, une victoire aurait un impact majeur, bien au-delà du football : tourisme, image internationale, dynamique économique… Tout le pays en bénéficierait.
C’est pour cela que la communication du staff technique doit être maîtrisée avec autant de rigueur que la tactique sur le terrain. Le rôle du sélectionneur est de fédérer, de calmer, d’inspirer et de créer un climat où joueurs et public avancent dans la même direction. Les Marocains sont profondément attachés à leur équipe nationale, et nos joueurs — talentueux, patriotiques, irréprochables — ont besoin d’un environnement stable et positif.
Walid a démontré par le passé qu’il sait créer un groupe soudé, ambitieux, capable de renverser les montagnes. Nous espérons simplement qu’il adoptera la même précision dans ses mots que dans son coaching.
Alors oui, nous voulons cette coupe. Le pays la veut.
Et nous espérons un discours qui rassemble, qui apaise, et qui élève — à l’image de ce que représente aujourd’hui le football marocain : une fierté nationale et un moteur d’avenir.
DIMA MAGHRIB
