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Agadir, que dire de toi ?

Agadir, que dire de toi ?

J’ai mis du temps avant de revenir faire une « immersion » dans la ville. Ma dernière visite remonte à 2021, post-Covid, au moment des grands travaux de revalorisation urbaine. Aujourd’hui, je retrouve une vraie capitale touristique qui, d’abord, vous apaise, vous détend et vous procure un grand sentiment de sécurité.

L’arrivée à l’aéroport Al Massira est un retour au passé : la dernière fois que je travaillais à Agadir remonte à 1994. Rien n’a changé, à ma grande déception : un aéroport vétuste « beldi » et en grand décalage avec la mise à niveau des autres aéroports du royaume. J’ai voulu comprendre, et en faisant un tour au centre-ville balnéaire, à Aït Melloul, Inezgane et Dchira, en passant par les quartiers périphériques ou excentriques de la ville, type Hay Mohammadi, Ihchach (où on mange le meilleur poisson sur un feu de braise), en longeant l’infinie zone de l’état-major zone sud des Forces armées royales, j’ose arriver à la conclusion suivante : Agadir est victime de sa propre réalité et configuration urbanistique. Personne dans les arcanes du pouvoir n’en a fait une priorité.

Agadir est chérie par une clientèle fidèle, qui vient des pays scandinaves, d’Allemagne, d’Europe de l’Est ou de France, qui retrouve dans la ville une bienveillance unique de sa population, surtout de la part de ses professionnels touristiques (presque seulement à Agadir, on peut retrouver des directeurs d’unités hôtelières avec une expérience solide de plusieurs décennies). Tout le monde est là pour vous servir, vous rendre votre séjour agréable et joyeux. Cette même bienveillance qu’on retrouve de la part des serveurs dans les îles grecques, les îles Canaries, Hurgada et Sharm El-Sheikh.

Quel rapport avec une mise à niveau tardive de l’aéroport Al Massira (qui est finalement programmée pour la Coupe du monde 2030) ? Et bien, tout simplement, tant que les avions décollent et atterrissent sur le tarmac ensoleillé de la ville, à quoi bon se casser la tête à le faire depuis des décennies ?

Une fois arrivé dans la ville, l’appel de l’Atlantique est plus fort, et on oublie presque qu’on vient d’atterrir dans la capitale balnéaire du royaume chérifien. À Agadir, les touristes respirent la liberté, les enfants gambadent joyeusement sur l’esplanade de la baie, ils font tous de l’ancrage affectif avec la capitale du Souss. Partout, on rencontre des scènes d’accolades et d’embrassades entre les réceptionnistes et leurs hôtes, entre les serveurs rodés des différents restaurants et leurs clients affamés d’affection et de reconnaissance.

À Agadir et périphérie, on ressent de la résilience de ses habitants : on passe assez rapidement de quartiers modestes à des zones huppées, et on se laisse aller, car les flux sont toujours là et les Agadiriens, presque par patriotisme, oublient leurs propres personnes (comme leur propre aéroport) pour s’occuper des autres. La région du Souss est toujours passée après, au grand dam de son pouvoir économique, exotique et social de séduction.

Continuez à venir à Agadir, car ici ça circule merveilleusement bien et l’air de l’Atlantique avec l’accueil de ses habitants vous exemptera d’une consultation anti-stress.

Merci Agadir !

Samir Berhil

Samir Berhil – Expert OMT, guide accompagnateur touristique confirmé, il signe pour The Nomad des analyses éclairées sur les transformations du secteur au Maroc et à l’international.

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